Kevin et les lions

Quelques mots à propos du reportage diffusé ce soir sur France 2, « les pouvoirs extraordinaires du corps humain »…
En fait j’étais en train de regarder « de battre mon coeur s’est arrêté » quand mon téléphone s’est mis à buzzer et les SMS à tomber – passe sur France 2, il y a Kevin et les lions en Afrique du Sud.
Je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer Kevin Richardson en personne, mais des collègues à lui, oui. Et j’ai lu son livre « Part of the Pride » (qu’on peut traduire plus ou moins par « membre du clan », un clan de lions se dit « pride of lions »).
Kevin est un cas extrême, qui a établi une communication particulièrement forte avec les lions. Mais les affections entre humains et lions captifs sont assez fréquentes. J’ai déjà assisté en personne à de gros câlins entre rangers et lions, au Lion Park et dans quelques autres endroits, non ça n’est pas truqué, même si les rangers restent prudents et font attention par exemple de ne pas se laisser renverser par les lions – on ne sait jamais quel instinct cette situation pourrait réveiller. La vidéo célèbre des retrouvailles entre Christian le lion et le couple d’acteurs qui l’a élevé est aussi un bon exemple.
Les lions, comme les hyènes dont il est question dans le reportage, sont des animaux très sociaux et affectueux. Les lions sont tout à fait capables de s’attacher à un être humain. Condition nécessaire : ce lion doit avoir été élevé par des humains depuis son plus jeune âge, sinon, il développera par imitation de sa mère une méfiance envers l’homme. Pour être « ami » avec un lion, il vaut mieux l’avoir élevé et nourri soi-même, même s’il est possible de nouer une relation avec un lion élevé par quelqu’un d’autre.
Avec un lion sauvage il est possible de développer un lien, une certaine confiance, mais qui à ma connaissance n’a jamais été jusqu’au contact physique.
Cependant les lions sont extrêmement puissants, et capables de tuer un humain d’un coup de patte même sans sortir les griffes. Kevin a déjà été sérieusement blessé, d’ailleurs. Comme il le dit dans le reportage, les lions ne risquent pas de « comploter » pour le tuer : les lions sont des animaux très directs, pas des comploteurs. Mais ils peuvent être colériques. De plus, il me semble que la captivité favorise de brusques accès de mauvaise humeur chez les lions. Au Lion Park où Kevin travaille, un lion a un jour escaladé une clôture de 4 mètres pour aller dans l’enclos d’à côté où il a tué un de ses fils, sans raison apparente. Ce comportement est tout à fait anormal; ma théorie est que les lions ont besoin de dépenser de l’énergie, dans la nature ils le font en chassant, en captivité cette énergie peut exploser en brusque bouffées de colère. Au zoo de Vincennes il y a quelques années, un soigneur a été attaqué et tué par un lion qu’il connaissait pourtant très bien : le lion s’est jeté sur lui dès son entrée dans l’enclos, là non plus sans raison apparente. Ce n’est qu’une théorie.
Kevin sait très bien qu’ils prend des risques, il le dit dans son livre. Et il dit que ça en vaut la peine.
J’avoue que je le comprends!

Une question? Un commentaire?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 commentaires
    • Magali
      Magali dit :

      Alors pour faire VRAIMENT comme Kevin il faut élever des petits lions depuis leur naissance – il y a peut-être quelques possibilités à Thoiry, ou bien il faut émigrer en Afrique du Sud…
      Même pour un petit aperçu, c’est assez compliqué : de nombreux endroits en Afrique du Sud permettent de toucher des lionceaux. Malheureusement aucun que je recommande : au Lion Park les lionceaux sont soumis à un défilé incessant de visiteurs, au point que le stress affecte leur santé. De nombreux fermiers élèvent aussi des lions, par passion et justement pour attirer les touristes. Là c’est à beaucoup plus petite échelle et les lionceaux ne sont pas stressés, mais dans de très nombreux cas une fois devenus trop gros, ils sont vendus à l’industrie odieuse de la chasse en boîte (qui consiste à abattre un lion qui n’a jamais connu la vie sauvage). Je n’ai pas trouvé un endroit qui fournisse suffisamment de garanties sur l’avenir des lionceaux, je continue de chercher.
      Quant aux lions adultes, le seul endroit à ma connaissance où n’importe quel visiteur peut entrer dans la cage est le zoo de Lujan en Argentine – où les animaux sont totalement apathiques, soi-disant grâce à des techniques de dressage particulières – mais je suis pour ma part convaincue que les lions, du moins, sont drogués.
      Alors vous avez le choix entre vous contenter des lions sauvages, qui sont de toutes façons plus intéressants, ou gagner la confiance d’un ranger ou soigneur pour qu’il vous présente à « ses » lions. Ca demande du temps, de la passion et beaucoup de sincérité – mais oui, c’est possible – je suis déjà rentrée dans l’enclos des lions, et ressortie entière et heureuse!

      Répondre