Vu d’Europe, on imagine souvent Soweto comme un simple quartier de Johannesburg. En réalité, Soweto est l’abréviation de South Western Townships (municipalités du Sud-ouest), et regroupe de nombreuses municipalités : de 29 à 50 selon les définitions pour Soweto lui-même, et 89 pour l’agglomération « grand Soweto » (greater Soweto). Environ 2 millions de personnes y vivent. Depuis 2002, Soweto fait administrativement partie de la ville de Johannesburg.
Immense, Soweto n’a rien d’uniforme. Certaines parties ressemblent à des banlieues résidentielles de classes moyennes, d’autres sont de vrais bidonvilles. On trouve aussi des maison chic à Soweto : de plus en plus d’Africains Noirs ayant réussi dans la nouvelle Afrique du Sud font le choix de s’installer dans le township.
Visitez Soweto avec un guide local : non seulement il est imprudent et peu pratique de visiter Soweto sans guide, mais l’histoire de Soweto est vivante, actuelle. Les Sowetans ont vécu son passé d’oppression, la victoire de la libération, les espoirs et les incertitudes d’aujourd’hui. Leurs récits complètent la vision plus objective, mais aussi plus statique et distante, donnée par les musées et les livres d´histoire.

 

La rue des deux prix Nobel

A Soweto et plus précisément Orlando ouest, se trouve la seule rue au monde où ont habité deux lauréats du prix Nobel de la paix : Nelson Mandela et Desmond Tutu ont en effet tous deux vécu rue Vilakazi. Nelson Mandela y habitait avant son long emprisonnement. Son ancienne maison est devenue le Mandela Family Museum et se visite aujourd’hui. Desmond Tutu quant à lui séjourne encore parfois dans sa maison de Vilakazi Street.

 

Le mémorial et le musée Hector Pieterson

Toujours à Orlando ouest, tout près de la rue Vilakazi se trouvent le musée et le mémorial Hector Pieterson , qui portent le nom d’un enfant noir tombé sous les balles de la police pendant les manifestations étudiantes de 1976.
En 1976, le gouvernement impose l’afrikaans comme langue d’enseignement : les cours d’Afrikaans seront obligatoires et l’Afrikaans sera la langue des examens. Pour les étudiants noirs de Soweto, cela représente non seulement une vexation supplémentaire, mais aussi un sérieux handicap scolaire car la plupart parlent mal l’afrikaans. Le 16 juin 1976, ils organisent une manifestation à Soweto. La police ouvre le feu sur les étudiants désarmés. Hector Pieterson, 13 ans, est l’un des premiers à tomber. La photo du corps de l’enfant, porté par un de ses camarades, fait le tour des townships, puis du monde entier. Soweto se soulève. Les émeutes de 1976 marquent le début d’une série de soulèvements et d’affrontements, qui aboutiront après une longue lutte à la fin de l’apartheid.
Le mémorial se dresse à quelques centaines de mètres de l’endroit où Hector Pieterson est tombé sous les balles. Un peu plus loin, le musée ouvert en 2002 retrace le contexte et l’histoire du soulèvement de 1976, au moyen de photographies et de documents audio visuels. Le musée est modeste mais l’émotion y est réelle.

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